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Résumé

Tous aux abris ! Emma Paddington et les créatures déjantées de Dark Road End sont de retour !

Dans ce deuxième tome de la saga d’Urban Fantasy francophone la plus loufoque du moment, retrouvez les personnages atypiques et attachants qui ont fait le succès du premier opus :

Les trois Djinns au caractère bien trempé, le dragon télescopique et la sorcière-patrouilleuse, évidemment, mais aussi quelques nouveaux-venus, comme le Père Lawrence, un vieux curé qui passe son temps à s’évader de sa maison de retraite pour traquer le crocodile à deux têtes…

Heureusement que Jamie Hartgrave, l’agent immobilier, a trouvé un local à Emma pour installer son cabinet de psychologue ! Des angoissés, des dépressifs et un ou deux schizophrènes de temps en temps, c’est tout ce qu’il lui faut pour se détendre un peu !

Mais ça, c’était ce qu’elle pensait avant de rencontrer la famille Miller, évidemment…

Une intrigue menée tambour battant, des rebondissements cocasses et beaucoup d’humour, voici le cocktail idéal pour passer un excellent moment.

Un roman qui plaira autant aux adultes qu’aux adolescents à partir de 13 ans.


Extrait

Prologue

En habits de nuit, pieds nus dans ses chaussons, le Père Lawrence trottinait en direction de Dark Road End.

Son évasion s’était déroulée sans anicroche. Pendant que Margaret essayait d’ouvrir les yeux de cette cabocharde de Miss Cooper pour y verser sa goutte de collyre quotidienne, il avait discrètement balancé ses somnifères dans le ficus. Puis il avait glissé dans la poche de sa robe de chambre la petite bouteille d’eau minérale qu’on leur donnait à chaque repas, songeant qu’il la bénirait plus tard, quand il serait arrivé au manoir.

Il lui avait suffi de prétexter une envie pressante au moment où l’infirmière commençait à ramener les résidents dans leur chambre. Depuis que la municipalité de Bridgeport avait voté des restrictions budgétaires du Vallon Joyeux, leur sinistre maison de retraite, une seule employée s’occupait de coucher les pensionnaires et la pauvre ne savait plus où donner de la tête. Le Père Lawrence avait pris soin de disposer son polochon sous les draps et de fermer les volets avant de descendre à la salle à manger. Avec un peu de chance, Margaret penserait qu’il était remonté tout seul et qu’il dormait déjà.

Bon, il n’y croyait qu’à moitié. Il en était déjà à sa cinquante-deuxième tentative d’évasion. Si le Vallon Joyeux avait été une prison – ce qui, d’une certaine façon, n’était pas loin d’être le cas – il aurait à coup sûr fini au mitard, ou tout au moins dans un quartier de très haute sécurité. Il tirait de cette idée une certaine fierté, après cinq mornes décennies passées à dire la messe à 2,86 fidèles par célébration, en moyenne (un jour particulièrement maussade, il s’était laissé aller à calculer, et l’avait aussitôt amèrement regretté).

L’alerte serait bientôt donnée. Il lui restait peu de temps.

Il faisait plutôt froid, pour une fin octobre. Il aurait dû se couvrir davantage. Le Christ, cependant, ne s’était pas plaint de crever de chaud en traversant le désert du Néguev, le Père Lawrence était bien placé pour le savoir. Aussi, grelottant dans sa robe de chambre trop légère pour la saison, continuait-il d’avancer vaillamment vers sa cible.

Le manoir maudit de Dark Road End.

La première fois qu’il s’y était rendu remontait aux débuts de son ministère. Il était jeune, fougueux, et s’était donné pour mission sacrée de convertir à la vraie foi cette région de perdition, peuplée de misérables pécheurs incultes. Il passait tout son temps libre à explorer à bicyclette les coins les plus reculés du Comté. Il visitait chaque ferme, chaque maison, pour y prêcher la bonne parole et inviter les pauvres âmes égarées à retrouver le droit chemin, celui de son église. Comme le démontrait le taux lamentable de 2,86 fidèles par homélie, son succès avait été mitigé.

À l’échelle de ses divers échecs, toutefois, rien n’égalait le fiasco de Dark Road End.

Le manoir de la sorcière. C’était ainsi que les gens de Bridgeport appelaient la singulière propriété de Sabrina Witherspoon. La première et unique fois qu’il s’y était rendu, le Père Lawrence avait été impressionné. Juchée au sommet d’une colline, cernée d’une forêt dense, elle était composée de deux corps de bâtiment massifs et sombres et d’une tour de guet qui donnait à l’ensemble l’allure inquiétante d’une forteresse imprenable. Planté au ras de l’aile gauche, un énorme chêne épousait curieusement le relief de la maison, étendant sa ramure de part et d’autre des murs et du toit, si bien que la bâtisse semblait enchâssée au cœur de ses branches. La terrifiante réputation de l’endroit tenait autant à son isolement géographique qu’à son délabrement ; tuiles manquantes, murs lézardés et jardin à l’abandon ; la légende populaire voulait que les lieux soient hantés. Si sa religion ne lui avait pas interdit de telles pensées, le jeune Père Lawrence l’aurait cru volontiers. Alors qu’il gravissait bravement la colline, sa bible en bouclier, il s’était demandé qui pouvait être assez siphonné pour habiter cet effroyable taudis.

Il avait ensuite fait connaissance de l’envoûtante Sabrina Witherspoon. Elle l’avait reçu avec une amabilité exquise, l’avait invité à prendre le thé et l’avait écouté avec un intérêt non feint – du moins l’avait-il cru – lorsqu’il avait dévié la conversation sur les lettres de Saint Paul aux Ephésiens, son sujet favori.

Ils s’étaient quittés une heure plus tard, et Mrs Witherspoon – qui semblait vivre seule dans sa terrifiante propriété, sans enfants ni mari – avait même promis qu’elle viendrait avec plaisir assister à sa messe, le dimanche suivant.

Puis il avait croisé un crocodile à deux têtes.

Cauchemardesque rencontre, qui avait bouleversé sa vie à tout jamais. La vision, certes, n’avait duré qu’une seconde ou deux. Le Père Lawrence pédalait gaiement, tout à sa joie d’avoir gagné une nouvelle paroissienne ; un buisson avait frémi en contrebas de la route, attirant son regard machinal, puis affolé, quand il avait découvert l’épouvantable bête, paisiblement occupée à se gratter le dos contre un tronc d’épicéa.

Il avait hurlé d’effroi, et le monstre avait aussitôt disparu dans les fourrés.

Ainsi, avait commencé sa chute. Personne ne l’avait cru. Ni le sheriff, ni l’évêque, ni les quelques paroissiens à qui il avait eu l’imprudence de se confier. Rapidement, la rumeur que le curé était devenu fou s’était répandue dans tout Bridgeport, et les bancs de son église avaient été désertés. L’injustice était d’autant plus profonde que toute la région était solidement persuadée que le manoir de la sorcière était hanté. Mais, le Père Lawrence l’avait compris à ses dépens, croire aux fantômes était acceptable ; aux crocodiles à deux têtes, non.

N’ayant guère d’autre choix, il avait accepté dignement l’épreuve imposée par son dieu et, cinq décennies durant, il avait continué à célébrer la messe pour les 2,86 fidèles qui lui restaient. Lâché par les autorités locales et par l’évêque, qui l’avait ouvertement menacé de le limoger s’il ne cessait pas d’évoquer cette hallucination absurde, il s’était muré dans le silence. Mais jamais il n’avait oublié.

Sa mise à la retraite n’avait rien changé à son obsession ; dès qu’il le pouvait, il faussait compagnie aux infirmières pour se précipiter sur Dark Road End. À cause de sa prothèse de hanche, il ne se risquait plus à faire du vélo. Il allait à pied, bien décidé à continuer tant que ses jambes seraient assez fortes pour le porter.

Un jour, il y arriverait enfin. Il atteindrait le manoir et exorciserait les lieux et toutes les créatures maléfiques qui s’y trouvaient, quel que soit leur nombre de têtes. Il fallait simplement qu’il parvienne enfin à traverser la forêt.

En effet, par quelque chemin qu’il l’aborde, elle semblait s’étendre mystérieusement à mesure qu’il avançait et il ne réussissait jamais à en sortir. Boussole, fil d’Ariane, il avait tout essayé. Comme dans le conte du petit Poucet, il avait même tenté de semer des cailloux dans son sillage, mais les pierres avaient disparu sous ses yeux au moment où elles touchaient le sol.

Cette fois serait peut-être la bonne, songea-t-il avec espoir, serrant sa bible au fond de sa poche.

Il avait appris récemment que le manoir n’était plus habité par Mrs Witherspoon mais par sa nièce, une certaine Miss Paddington. S’il arrivait enfin à passer, le Père Lawrence espérait qu’elle le laisserait débarrasser ses terres des monstruosités qui s’y cachaient. Margaret, l’infirmière de nuit du Vallon Joyeux, lui avait confié que Miss Paddington était très jeune. Elle arrivait de San Francisco et venait tout juste de s’établir en ville en tant que psychologue.

Pauvre enfant ! songeait-il avec compassion. Sans doute était-elle loin de se douter des abominations qui colonisaient sa propriété.


Les lectrices en parlent

  • Un récit fantastique efficace et passionnant

    Une histoire toujours aussi pétillante et rythmée par les péripéties que subissent Emma et ses amis.
    @fildediane
    ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
  • Cette série est un petit bonheur

    ll est des livres qu’on n’a pas envie de refermer, qu’on a juste envie de garder encore près de soi, dont on voudrait que l’aventure dure encore plus longtemps, dont on aime l’atmosphère…Des livres qui font du bien tout simplement.
    @leslecturesdebloomette
    ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
  • Un 2ème tome intense et addictif

    L’humour est aussi très présent, j’ai énormément ri. Les situations cocasses et les blagues se succèdent dans ce 2e tome aussi intense qu’addictif.
    Laura P.
    ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Ce roman est pour toi si tu aimes

  • Les romans de fantasy qui changent un peu de la sempiternelle « quête du héros »
  • Des personnages humains, avec leurs failles et leurs doutes
  • Une magie originale, mêlée au monde réelle
  • Des créatures comme on n’en trouve nulle part ailleurs

Le roman est aussi disponible dans toutes les librairies, en rayon ou sur commande.

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