Le clan des Lannemezan 1. Ceux d’en haut

Le clan des Lannemezan 1

Le roman

Amours impossibles, liens fraternels, secrets, rivalités et passions.

La réédition tant attendue du premier succès de Catherine Rolland, « Ceux d’en haut »

Dans les vallées sauvages des Pyrénées, deux clans d’éleveurs de chevaux de Mérens se déchirent dans une guerre fratricide.
Après sept années d’exil, Just Lannemezan revient au pays qu’il a fui, le cœur brisé par la trahison. Face à lui : Géraud, son frère aîné, celui qui lui a volé l’amour de sa vie. Entre les deux hommes, la haine couve depuis cette nuit maudite où tout a basculé.
Chloé. Un seul prénom pour diviser deux frères, deux familles jadis inséparables.
Quand la jeune femme revient à son tour dans la vallée, la rivalité entre les Lannemezan et les Jarniac reprend de plus belle. Mais le destin va contraindre les deux clans à remonter ensemble vers l’estive, pour une transhumance bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginent.
Just et Géraud vont devoir choisir : perpétuer la vendetta familiale ou sauver ce qui peut encore l’être.

Un premier tome explosif où l’amour et la vengeance se disputent les coeurs sur les sentiers escarpés de l’Ariège.

Le clan des Lannemezan est une réédition du premier roman de Catherine Rolland, « Ceux d’en haut », paru en 2014 aux éditions Les Passionnés de bouquins.

Extrait

Clique sur la croix à droite dans l’encadré ci-dessous, pour découvrir les premières pages du roman.

 

AVANT
1.

La sonnerie du téléphone tira Just du sommeil alors qu’il venait de s’endormir. Comme chaque soir, il avait tourné dans le lit pendant plusieurs heures avant de sombrer dans une somnolence peuplée de cauchemars flous.

Il se redressa d’un coup, le cœur battant à tout rompre. Il mit quelques secondes à réaliser qu’il n’était pas chez lui, là-bas en Ariège, mais dans sa chambre d’étudiant. Un peu hagard, il s’assit au bord du lit, passa une main malhabile dans sa tignasse de cheveux sombres, éternellement en bataille.

Depuis quelque temps, il portait la barbe, cherchant sans grand succès à se vieillir un peu. Il avait toujours fait moins que son âge. À vingt-six ans, malgré son diplôme de vétérinaire en poche, il n’était pas rare qu’à la clinique, on le prenne encore pour un simple stagiaire.

Le téléphone sonnait toujours.

Coup d’œil au réveil. Quatre heures dix.

D’un geste imprécis, il décrocha le combiné. Il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche.

— C’est toi, Just ?

En reconnaissant la voix basse de son frère, il sentit à nouveau sa fréquence cardiaque quadrupler. Il se leva instinctivement, nu au milieu du désordre de la chambre.

— Clément ? Qu’est-ce qui se passe ? Quelqu’un est malade ?

— Non. Pourquoi tu demandes ça ?

— Peut-être parce que tu me téléphones au milieu de la nuit.

— Il est quatre heures, rétorqua son aîné, comme si ça justifiait tout.

Quatre heures. Bien sûr. Là-bas, c’était le début de la journée. À une certaine époque, Just avait su se lever avant l’aube, lui aussi. Il y avait déjà sept ans qu’il avait quitté ses terres et sa famille, au prétexte de ses études, même si personne n’était dupe. Il avait dix-huit ans, il était en colère et il avait pensé que fuir était la meilleure solution.

Tu parles.

Réprimant un soupir, il tendit une main devant lui, s’efforça sans y parvenir d’en stopper le tremblement. Quatre ans plus tôt, il était à peu près cette heure là quand Géraud l’avait appelé pour lui apprendre l’accident.

Merde. Il ne fallait pas qu’il commence à penser à ça.

— Je suis content de t’entendre, reprit-il, sincère. Comment est-ce que vous allez, tous ?

— Bien. Mathilde a été un peu grippée la semaine dernière, elle n’a pas travaillé pendant deux jours. Elle ne tenait pas debout, alors sur une selle… Géraud l’a forcée à rester au lit. Il s’en est entendu dire, tu la connais…

Il riait, et Just se mit à rire avec lui, un peu dérouté, comme toujours, de la façon qu‘avait Clément de transmettre les nouvelles avec autant de simplicité que si son frère n‘était jamais parti.

— Enfin, elle va mieux. Elle t’embrasse.

— Tu lui diras que moi aussi… Et les autres ?

— Miette est en pleine forme. Le bébé bouge furieusement. Les filles n’en peuvent plus d’impatience, ça va être long d’attendre jusqu’en septembre pour devenir enfin des grandes sœurs.

— Vous savez ce que c’est ?

— Un enfant, répondit Clément, sérieux.

Le sourire de Just s’accentua.

— Tu es définitivement le plus équilibré de nous quatre.

— C’est certain.

Just s’approcha de la fenêtre, observa le parking vide, le bâtiment d’en face, aussi gris et triste que le sien. Il imaginait son frère, assis sur le long banc jouxtant la table de ferme, chaussé de ses bottes et habillé de son bleu de travail, s’apprêtant à rejoindre Géraud, leur aîné à tous les deux, qui devait déjà s’activer à l’écurie.

Dans les deux heures suivantes, ils distribueraient le fourrage aux chevaux, changeraient les litières de chaque box, inspecteraient les bêtes, traquant la moindre trace de maladie ou de faiblesse, avec un soin plus obsessionnel encore que d’habitude quand le temps de l’estive approchait.

Ensuite, peut-être qu’ils iraient chez Clément. Ils parleraient, attablés devant un café très fort, de chevaux et de montagnage, comme toujours. Géraud Lannemezan ne savait guère parler d’autre chose mais comme il était l’aîné, le chef du clan, il décidait de tout au haras, à commencer par les sujets de conversation. Clément, de caractère coulant, s’était toujours accommodé de la tyrannie de leur frère, et ils s’entendaient bien.

Mais Clément était de ces êtres d’exception qui ne sont jamais fâchés avec personne.

Évoquer Géraud lui fit crisper les mâchoires. Il cligna, essayant de se concentrer sur ce que disait Clément.

— … Et toi, Just, où est-ce que tu en es ? Ce diplôme ?

— Ma foi… Je crois bien que je l’ai eu.

— Sans rire ?

— Sans rire.

— Mince ! Te voilà docteur pour de bon, alors ! Je suis sacrément fier de toi, dit Clément.

Sa voix tranquille était vibrante d’affection et Just sentit, par surprise, ses yeux le picoter un peu. Depuis combien de temps n’avait-il pas vu son frère ? À la cérémonie de remise des diplômes, la semaine précédente, il avait été le seul étudiant à ne pas être accompagné de sa famille. Lorsqu’il était monté sur l’estrade, à l’appel de son nom, pour recevoir des mains du directeur de l’école la petite feuille de papier qui sanctionnait six années d’étude et de sacrifices, il n’y avait eu ni les photos, ni les exclamations de joie bruyante dont avaient bénéficié ses camarades. Il avait serré la main du directeur, avait remercié et avait regagné sa place, avec au ventre une boule douloureuse qui, à bien y réfléchir, était là depuis sept ans.

Peut-être aurait-il dû les prévenir. Peut-être que Mathilde et Clément auraient été contents d’être présents.

Son frère, qui n’avait pas formulé le moindre reproche à ce sujet, reprit la parole sans vraiment de transition :

— Louis est mort.

Un long silence s’installa. Sonné, Just revint s’asseoir sur le lit, accusant le coup. Louis Jarniac avait été le meilleur ami de son père. Son haras jouxtait le leur, et les sept enfants qu’ils avaient eus, à eux deux, avaient pratiquement été élevés ensemble. Et puis Antoine était mort, et les Jarniac et les Lannemezan avaient rompu toute relation.

— Quand ? demanda-t-il, la voix un peu assourdie.

— La nuit dernière. Le cœur, à ce qu’ils ont dit. On l’enterre après-demain.

— Vous… pensez y aller ?

— Mathilde ira avec Miette. Je ne pense pas qu’Adrien osera leur interdire l’entrée de l’église. Tant que Géraud ne se montre pas…

— Je suppose, approuva Just, avant de reprendre : Clément ?

— Oui ?

— C’est pour ça que tu m’appelles ?

La respiration de son aîné siffla légèrement dans le téléphone, et Just sentit sa fréquence cardiaque accélérer un peu. Ses doigts se crispèrent sur l’appareil.

— Pas vraiment, marmonna Clément, mais tu sais… L’hiver a été interminable, cette année. On ne transhumera pas avant le premier samedi de juin. Alors je m’étais dit que, peut-être…

— Peut-être quoi ? répéta Just, tendu.

— Peut-être que tu viendrais ? Je veux dire… Le temps a passé. Maintenant, tu n’as plus l’excuse des études, des examens ou je ne sais quoi d’autre… Quatre ans que tu n’es pas venu. C’est long. Tu nous manques.

— Pas à Géraud, répliqua-t-il, le ton tranchant.

En réaction, Clément éclata d’un rire un peu las.

— Crétin ! soupira-t-il. C’est à lui que tu manques le plus.

Les yeux grand ouverts, Just se laissa aller en arrière, allongé en travers du matelas. Son cœur battait désagréablement à ses tempes, il se sentait nauséeux. Pendant quelques secondes, il fixa sans le voir le plafond gris, où les réverbères du parking dessinaient des halos de lumière blafarde. Sa petite chambre d’étudiant ne lui avait jamais semblée aussi sinistre, aussi petite et oppressante. Il songea à ses montagnes, aux prés qui s’étendaient à perte de vue tout autour du haras, aux paysages somptueux face auxquels il avait passé son enfance et son adolescence et il sentit, de nouveau, les larmes qui montaient.

Il ferma les yeux.

— Il faut que je réfléchisse, souffla-t-il.

Clément ne répondit pas.

À la façon dont il l’avait dit, ils savaient sans doute tous les deux que sa décision était prise.

Les lectrices en parlent

Un beau roman

La passion manifeste de Catherine Rolland pour l’élevage des chevaux est tellement communicative, que j’ai lu ce beau roman d’une traite, sans jamais le lâcher.

@akcd

Des personnages forts

Les personnages sont forts, chacun apportent un plus au récit et on s’attache facilement à l’un ou à l’autre.

@Les_lectures_de_Maryline

Sans temps morts

Il n’y a pas de temps mort et j’étais pressée de connaître la fin des différentes histoires qui se déroule tout au long du récit.

@magescaleslittéraires

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