L’Au-Delà comme vous ne l’avez jamais vu
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Résumé
« Entrez dans la lumière, n’ayez pas peur, tout va bien se passer… »
Tu parles, quelle arnaque !
L’Au-delà ne ressemble pas du tout à ce qu’Aurélien Loiseau avait imaginé. Harcelé par une dame-pirate morte en 1359, attaqué par des hydres, des goules et des succubes pour un oui ou pour un non, il n’a même pas réussi à atteindre ce fichu tunnel lumineux quand il en avait l’occasion ! Maintenant, il doit trouver un autre accès de toute urgence, pour se présenter à temps au Jugement Dernier… sous peine d’errer dans les limbes jusqu’à la fin de l’éternité ! Sans parler d’échapper à Jules, son ex-meilleur ami devenu son ennemi juré.
Autant dire que ce n’est pas gagné !
Après le succès de la saga « Emma Paddington », qui a enchanté plusieurs dizaines de milliers de lecteurs, Catherine Rolland revient avec une nouvelle série de fantasy urbaine, encore plus déjantée et irrésistiblement drôle. Mythologie détournée, créatures farfelues, personnages attachants et rythme effréné… La recette parfaite pour un roman savoureux et inoubliable !
Extrait
Chapitre 1 – Où on fait la connaissance d’Aurélien Loiseau
En cette fin d’année 1782, le climat avait été particulièrement rigoureux en Touraine. Depuis deux jours, la neige tombait en abondance et, par endroit, l’Indrois avait même gelé. À Montrésor, le joli village où Aurélien Loiseau vivait depuis toujours avec sa famille, les étroites ruelles en pente qui entouraient le château étaient balayées par des bourrasques de vent glacé. Çà et là, des congères s’étaient formées, rendant l’accès à certaines maisons presque impossible. La bourgade si agréable à vivre à la belle saison, si charmante avec ses habitations bâties en tuffeau, cette roche aux tons très clairs qu’on ne trouvait qu’ici, était grise et triste. Quant aux habitants, ils étaient tous terrés chez eux, à l’abri des intempéries.
Ou du moins… presque tous.
À l’angle de « l’Auberge des trois demoiselles », deux jeunes gens étaient embusqués, prenant soin de rester à l’écart du faible halo dispensé par la lune.
— Tu as bien compris, Aurélien ? Tu es sûr ? demanda le plus grand, soupçonneux.
Bien qu’ils aient tous les deux une vingtaine d’années, ils étaient aussi différents l’un de l’autre que le jour l’est de la nuit.
Jules Mathivière, celui qui venait de parler, était un gaillard grand et massif, aux traits ingrats et à l’incoiffable chevelure d’un blond anormalement clair. Aurélien Loiseau, au contraire, était frêle et très mince. Il avait le teint pâle et de beaux cheveux châtains, légèrement ondulés. Ses gestes toujours mesurés trahissaient son extrême timidité. Son visage était ouvert, agréable et plein de douceur, traduisant sa gentillesse mais aussi une certaine candeur. Il promenait sur le monde un regard bleu-vert aux yeux immenses, comme s’il était perpétuellement étonné des nouveautés qu’il découvrait.
— J’ai compris, affirma-t-il, d’un ton qui se voulait résolu. Vous me l’avez expliqué trois fois. Je ne suis pas idiot, tout de même !
En réaction, Jules ébaucha une moue peu convaincue. De l’avis de tous, le fils unique de Daniel Mathivière, qui avait superbement réussi dans le commerce de la charcuterie, était foncièrement antipathique. Oisif, fêtard, joueur et buveur, il vivait de la fortune de son père mais n’avait aucune intention de prendre sa suite à la tête de l’affaire familiale. Orgueilleux, incapable de se soucier de qui que ce soit en dehors de lui-même, il avait de nombreux amis, certes, mais ceux-ci ne s’intéressaient qu’à sa position et à sa fortune. Lucide, il s’en rendait compte, et ce triste constat n’avait fait qu’exacerber son amertume et sa suffisance.
De son côté, Aurélien était tout aussi incapable d’agir par intérêt ou calcul que de comprendre quelle était la véritable nature de Jules Mathivière.
Il avait été embauché par le père de celui-ci alors qu’il avait treize ans. Les Loiseau étaient très pauvres et, au décès de leur père, les enfants n’avaient eu d’autre choix que d’abandonner l’école pour subvenir aux besoins de la famille. La sœur d’Aurélien, Émilie, et le plus âgé de ses jeunes frères, Clément, travaillaient à l’auberge. Matthieu était apprenti chez le maréchal-ferrant. Seul Silas, qui n’avait pas encore huit ans, allait encore en classe. L’enfant montrait d’ailleurs pour les études de grandes dispositions mais, dès l’an prochain, il devrait les abandonner à son tour pour contribuer lui aussi à l’effort familial. Une destinée banale pour eux qui n’avaient pas eu le bonheur de naître riches. Ils l’acceptaient sans se poser de question.
Aurélien savait lire, écrire et compter, mais il était gaffeur et maladroit. Sans surprise, il s’était vite révélé effroyablement peu doué pour toutes les tâches qu’on lui confiait à la charcuterie. Ainsi, Monsieur Mathivière avait équipé son arrière-boutique d’une machine moderne, destinée à hacher la viande et à préparer les saucisses. Dès le premier jour, Aurélien avait provoqué son enrayement, en faisant tomber un caramel mou dans les engrenages qu’il était chargé de nettoyer. Peu de temps après, il avait gâté plusieurs centaines de terrine de porc en versant dans les cuves, par inadvertance, l’huile destinée à l’éclairage au lieu d’un usage alimentaire. Enfin, sujet tragique dont les circonstances exactes n’étaient pas vraiment établies, Aurélien avait tué le chat.
Le chat, nommé Tête-de-Veau, était un félin borgne, galeux et agressif ; mais surtout, c’était le compagnon adoré de Monsieur Mathivière. Tout le monde s’attendait à ce que cette ultime catastrophe signe le renvoi définitif d’Aurélien mais, étrangement, il n’en avait rien été. Était-ce en mémoire de Philibert Loiseau, feu le père du jeune homme et bras droit du patron, que ce dernier avait fait preuve d’autant de mansuétude ? Nul n’en savait rien, mais Aurélien avait conservé son emploi, à la condition expresse qu’il ne touche plus à rien.
De nature plutôt contemplative, il s’en serait volontiers accommodé, mais Jules, que sa maladresse n’inquiétait pas, l’avait progressivement accaparé. Il s’en était fait une sorte de majordome personnel et dévoué aux frais de son père, sans qu’Aurélien s’en rende vraiment compte. Jules, pensait-il, l’aimait et était son meilleur ami. Il s’émerveillait qu’une personne aussi importante et de sa qualité ait l’infinie bonté de s’intéresser à lui.
Pour celui qu’il vousoyait toujours avec un grand respect bien qu’ils aient le même âge, il aurait fait n’importe quoi. Néanmoins, la tâche que Jules lui demandait d’accomplir aujourd’hui était pour le moins inhabituelle. Aurélien s’efforçait d’afficher un air assuré, mais en vérité, il se sentait légèrement déstabilisé.
— Elles arriveront par cette rue, reprit patiemment Jules. La comtesse Éléonore sera accompagnée de son chaperon la duchesse Marianne, bien entendu.
La comtesse Éléonore. Sa seule évocation fit battre le cœur d’Aurélien plus vite. Il n’avait aperçu la belle jeune femme qu’une seule fois, quelques mois plus tôt, alors qu’elle se rendait au chevet d’une de ses parentes, alitée et malade. Il revenait du bourg avec Émilie et Silas, elle sortait de l’église et ne leur avait accordé aucune espèce d’attention.
Heureusement, sans doute. Si d’aventure elle avait pris idée de lui adresser la parole, il aurait été incapable de prononcer un mot. Figé, il avait suivi des yeux la silhouette gracile, vêtue des plus beaux atours qu’il avait jamais vus. Bouche-bée, il avait détaillé la robe à crinoline, richement brodée et rehaussée de délicates dentelles, le col de son petit manteau orné de zibeline, son chapeau abondamment décoré de plumes, de perles et de rubans. De son spectaculaire couvre-chef s’échappait une chevelure blonde aux boucles admirables, entourant le visage le plus adorable qui soit. Ses yeux bleus, son petit nez, sa bouche rose et brillante, tout chez cette superbe apparition était parfait, au point qu’il s’était demandé, très sérieusement, si ce n’était pas à un ange qu’il avait affaire.
Après tout, ne sortait-elle pas d’une église ?
C’était sa sœur, à qui sa fascination n’avait pas échappé, qui lui avait donné – en se moquant un peu – l’identité de la belle inconnue.
Éléonore de Hautecour, une des innombrables petites-cousines du roi de France, Louis le seizième.
Noble, sublime, et inaccessible, donc, cela allait sans dire, pour un jeune homme de sa condition. Aurélien en avait parfaitement conscience, et n’aurait jamais osé aller à l’encontre des règles les plus élémentaires de la société. Ils n’étaient pas du même monde, et ne le seraient jamais.
Cela ne l’avait pourtant pas empêché de tomber, dès cet instant et à tout jamais, éperdument amoureux de la jeune femme.
Bien entendu, il ne s’en était ouvert à personne, et Jules Mathivière, malgré l’affection infinie qu’Aurélien lui vouait, était certainement la dernière personne à laquelle il aurait choisi de confier son secret.
Les sens enflammés, Aurélien repoussa sur son crâne son éternelle casquette en velours gris, pour éponger d’un revers de manche son front transpirant. Malgré la température hivernale, il avait trop chaud, tout à coup.
— La comtesse Éléonore et son chaperon, la duchesse Marianne. Bien entendu, répéta-t-il, crispé, avant d’ajouter d’un ton hésitant : ne craignez-vous pas qu’elles soient escortées ? À la nuit tombée, les rues ne sont pas sûres, et je doute que Sa Majesté le Roi tolère que sa petite-cousine courre le moindre danger…
Jules poussa un soupir excédé. Aurélien baissa les yeux, honteux de son audace.
— Évidemment, que les rues ne sont pas sûres, imbécile ! C’est même la raison pour laquelle elles vont être attaquées ! N’as-tu donc rien compris ?
Aurélien posa sur lui un regard bleu-vert alarmé.
— Attaquées ?! Mais c’est épouvantable ! Il faut tout faire pour empêcher que cela arrive !
Jules le dévisagea durant quelques secondes, incrédule, avant de lâcher, d’un ton exagérément lent signant l’imminence de l’explosion :
— Aurélien. C’est toi qui vas les attaquer. Nous venons d’en parler. Tu te feras passer pour un de ces brigands qui rôdent dans les faubourgs et dépouillent les honnêtes gens. Tu surgiras devant elles, tu prendras un air menaçant… Prends un air menaçant ! s’interrompit-il, l’air si menaçant lui-même qu’Aurélien recula d’un pas.
Même s’il aimait beaucoup Jules et qu’il avait à cœur de lui faire plaisir, cette situation le mettait de plus en plus mal à l’aise. Son ami avait affirmé qu’Éléonore serait enchantée et reconnaissante à tous deux. Aurélien ne voyait pas vraiment ce qui pourrait enthousiasmer la comtesse dans le fait de se faire attaquer, même pour de faux, mais les nerfs du fils Mathivière semblaient légèrement à vif.
Autant ne pas le contrarier.
S’appliquant à bien faire, Aurélien fronça le nez, retroussa les lèvres à la manière d’un chien, découvrant ses dents très blanches. Jules laissa échapper un bref soupir.
— Bon, oublions l’air menaçant. Te souviens-tu au moins de ce que tu dois dire ?
Penaud, Aurélien referma la bouche et se plongea dans l’examen attentif de ses souliers.
— Je crois qu’il était question d’une course… hasarda-t-il, d’une toute petite voix.
— Une bourse, pas une course ! La bourse ou la vie ! La bourse ou la vie, triple idiot ! Ce n’est pourtant pas compliqué à retenir ! Je me demande ce qui m’a pris de te confier cette mission, tu n’es même pas fichu de distinguer ta main gauche de ta main droite… Et débarrasse-toi de cette fichue casquette, bon sang ! Les voleurs à la tire ne portent pas de casquette ! s’énerva-t-il en envoyant d’une pichenette valser le couvre-chef sur le trottoir.
Offusqué, Aurélien se précipita aussitôt pour la ramasser, puis la recoiffa dignement, toisant Jules d’un air de défi.
— Cette casquette appartenait à mon père, et s’il ne l’avait pas justement ôtée le jour de son malencontreux accident, il serait toujours en vie ! Ne me demandez pas de m’en séparer, Monsieur Jules ! Ce serait salir sa mémoire !
Jules, à dire vrai, se souciait comme d’une guigne de la mémoire de Philibert Loiseau. Il doutait d’ailleurs sérieusement que sa casquette aurait pu le protéger de son funeste destin, le pauvre homme ayant péri écrasé sous une tonne et demi de pieds de cochon dont il supervisait le déchargement au moment où les câbles avaient lâché. Mais là n’était pas la question ! Aurélien manquait autant de crédibilité dans le rôle du voleur que dans tout ce qu’il entreprenait, mais il n’était plus temps de lui trouver un remplaçant. Et puis, même si le jeune Mathivière répugnait à l’admettre, les esprits naïfs étaient aussi les plus dignes de confiance. De ce point de vue au moins, Aurélien était le meilleur candidat qu’il avait sous la main. Ce que Jules ordonnait, Aurélien l’exécutait, avec une certaine inconstance dans la réussite, certes, mais avec un désir de bien faire qu’il convenait de saluer.
L’héritier de l’empire charcutier se força dans un sourire un peu grimaçant.
— Allons, Aurélien, inutile de le prendre au tragique ! Après tout, j’imagine qu’un voleur est tout aussi libre de choisir sa victime que son couvre-chef… Garde ta casquette, si ça peut te rassurer…
Il s’interrompit, tournant brusquement la tête. Des voix ! C’étaient elles ! Fébrile, Jules se précipita à l’abri d’une porte cochère, rejoint par un Aurélien légèrement chancelant au moment où deux silhouettes féminines apparaissaient en haut de la rue.
Les dés étaient jetés. Ils ne pouvaient plus reculer.
Les lectrices en parlent
Une excellente surprise
Le roman, fort agréable et divertissant à souhait, plonge les lecteurs dans un univers fantastique, au travers de situations rocambolesques et de foisonnants rebondissements, le tout saupoudré de décalage et d’humour. Vivement la suite pour connaître les futures missions du jeune homme dans son nouveau rôle d’extracteur !
Reb_T’asoùleslivres⭐⭐⭐⭐⭐
Coup de coeur
Coup de cœur pour Aurélien même si, dans la vraie vie, je ne pense pas pouvoir supporter quelqu’un comme lui 😂.
Vanessa D.⭐⭐⭐⭐⭐
Nouvelle série pour ados
Un peu de mythologie, des créatures originales, un rythme soutenu, des personnages qui sortent de l’ordinaire… bref, un bon roman pour les ados. De l’humour pour passer l’été, je crois que c’est exactement ce qu’il nous faut à tous !
Maryline⭐⭐⭐⭐⭐
Ce roman est pour toi si tu aimes
- L’urban fantasy légère et sans prise de tête
- Les personnages attachants
- La mythologie détournée
- L’humour et les quiproquos
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