A jamais à nous, de Kim Chi Pho

J’ai reçu ce roman en gagnant le concours organisé par l’auteure sur Instagram. Je ne la connaissais pas du tout, mais les différents thèmes qu’elle promettait d’aborder (amour éternel, surnaturel et vies antérieures…) ne pouvaient que me séduire. Aussitôt mon très bel exemplaire relié reçu, je me suis plongée dans la lecture avec curiosité.

L’intrigue d’« A jamais à nous » alterne entre deux temporalités différentes, une construction intéressante quand elle est bien menée, ce qui est le cas ici.

Le roman s’ouvre sur une scène dramatique : nous sommes en 1870, dans la rue Amour. Dans l’hôtel particulier de la famille Fabel d’Estremeau, la gouvernante découvre le corps sans vie d’un des occupants.

Saut dans le temps. En 2019, Xavier, un agent immobilier, croise la route d’une mystérieuse jeune femme à la terrasse d’un hôtel. Cette rencontre avec la belle inconnue le bouleverse. Il connaît cette femme, ce visage, celui d’une « amoureuse qu’il recherche depuis la nuit des temps ». Comme dans un rêve, il la suit jusqu’à sa chambre d’hôtel, au prétexte de soigner sa main légèrement blessée par la griffure d’un chat… Brouillard. Vertige. Quand il reprend ses esprits, la femme a disparu. A cette scène étrange en succède une autre, tout aussi singulière : l’hôtel particulier qu’il visite ensuite, rue Saint Amour, lui semble si familier… Et que dire du propriétaire, qui lui annonce tranquillement que son retour était attendu, espéré depuis des années…

L’auteure ne laisse guère le temps au lecteur, aussi troublé que le héros, de se perdre en conjectures.

Retour en 1870, où le marquis Edmond Fabel d’Estremeau partage sa vie entre sa femme et sa maîtresse, Louise. Par commodité, il les a installées l’une en face de l’autre et n’a, pour changer de lit, que la rue à traverser. Les deux femmes s’en accommodent avec une sagesse remarquable, et en viennent même à se fréquenter de loin en loin… elles, et surtout leurs enfants respectifs : Henri, le fils légitime du couple Fabel d’Estremeau, et Aurore, la fille de Louise (mais pas du marquis).

Un amour interdit, impossible… Mais la force des sentiments peut tout transcender, jusqu’à la mort elle-même…

Tel est en tout cas le propos de l’auteure de cette jolie histoire.

Le début m’a semblé parfois un peu confus, la succession d’événements très rapide m’obligeant quelquefois à retourner en arrière pour être sûre d’avoir compris. Peut-être était-ce une volonté de l’auteure pour accentuer l’impression de mystère et d’étrangeté ? Heureusement, je suis ensuite bien entrée dans l’intrigue, et je me suis surprise à ressentir une certaine impatience à connaître le dénouement, ce qui ne peut être que bon signe.

Même si les réflexions historiques ne sont pas au cœur de l’intrigue, j’ai apprécié cette plongée dans le passé, qui apporte à cette belle histoire d’amour une dimension supplémentaire.

En somme, un plaisant moment de lecture.

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