chronique Catherine Rolland

Les sept soeurs, de Lucinda Riley

Après en avoir beaucoup entendu parler (le plus souvent en bien) sur les réseaux sociaux, notamment depuis le décès de son auteure il y a quelques mois, j’attendais beaucoup du premier tome de cette saga.

Pa Salt vient de mourir.

Mystérieux personnage, richissime, il était propriétaire d’une maison paradisiaque sur les rives du lac Léman. De ses nombreux voyages (tout aussi mystérieux), plutôt que des souvenirs de l’artisanat local, il a ramené des bébés. Six filles – six sœurs – adoptées aux quatre coins du monde. Il ne vous aura pas échappé qu’il en manque une pour faire le compte ; Pa Salt, nous dit-on, ne l’a pas trouvée.

Ah. Nouveau mystère, donc.

Il s’éclaircira sans doute au fil de la saga, qui ne comporte pas moins de sept tomes, de plus de 500 pages chacun.

Chacun d’eux étant consacrée à l’histoire d’une des sœurs, c’est Maia, l’aînée, que nous suivons dans le premier.

À la mort de son père, elle reçoit de sa part une lettre posthume et un fragment de mosaïque, qui la mettent sur la piste de ses origines. Brusquement impatiente de découvrir ses racines, la voilà donc qui s’envole pour Rio ; avec l’aide providentielle d’un écrivain brésilien qui passait par là, elle localise dans la foulée sa maison supposée natale puis, par l’entremise d’une domestique rusée, met la main sur la correspondance de Bel, son arrière-grand-mère.

Page 120. Hop, plongée dans le passé.

Nous voilà projetés en 1929, sur les pas de Bel, jeune fille bien élevée, tout aussi richissime que sa descendance mais étouffée par un père autoritaire et prétentieux. Lui ayant choisi un fiancé, il accepte pourtant – n’est-ce pas étonnant ? – de la laisser traverser l’Atlantique en direction de Paris, accompagnée de gens qu’elle connaît à peine, pour une durée non précisée. Il s’agit, nous explique-t-on, de découvrir l’Europe et d’être à même, dans l’avenir, d’alimenter les conversations avec son futur époux ! Tout un programme…

Dont acte.

Bel découvre le Paris de l’entre-deux-guerres, croise la route de l’architecte du célèbre Cristo de Rio en pleine élaboration de son projet, goûte à une liberté inconnue jusqu’alors et (on pouvait s’y attendre) rencontre un séduisant jeune sculpteur qui se montre particulièrement entreprenant… Normal, me direz-vous : il est français.

Bref.

Si j’avais attaqué ma lecture avec beaucoup d’enthousiasme, j’ai déchanté rapidement. Les personnages sont nombreux, sans grande profondeur ni, de mon point de vue, intérêt. L’intrigue, les dialogues, les atermoiements romanesques, tout m’a semblé long, convenu, dilué au point que j’ai perdu tout courage après 250 pages d’ennui complet. Peut-être aurais-je dû poursuivre ? Savoir que six autres tomes semblables à celui-ci seraient à lire pour percer les secrets des sept sœurs m’en a dissuadée, sans vraiment de regret.

Je ne saurai donc pas où est allée se cacher la fameuse septième sœur, ni ce qu’il est advenu des six autres (ou de Pa Salt, d’ailleurs, dont je ne serais pas étonnée de découvrir – coup de théâtre final – qu’il n’était en réalité pas vraiment mort).

Tant pis. Je pense que je m’en remettrai.

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