Les lendemains, de Mélissa Da Costa

Ce roman est le premier que je lis de cette auteure française, très à la mode depuis le succès de « Tout le bleu du ciel ».

On y fait connaissance avec Amande, jeune femme frappée par la pire des tragédies : la mort, coup sur coup, de son mari et de son bébé à naître. Suite au drame, elle éprouve le besoin de fuir et se réfugie dans une location au fin fond de la campagne auvergnate. Avant elle, c’était une vieille dame qui vivait dans cette maison, entourée d’un jardin désormais en friche. Certaines de ses affaires s’y trouvent encore, comme les agendas et les calendriers muraux où elle inscrivait, jour après jour, ses activités au potager, au verger, ses recettes de confiture ou ses astuces « de bonne femme »…

Amande, qui n’a plus goût à rien, décrypte pourtant ces écrits anodins, vestiges d’une vie enfuie, avec une curiosité qui la surprend elle-même… jusqu’à ce qu’un jour, elle se décide à son tour à s’aventurer dehors, dans les pas de la vieille dame.

Pour faire renaître le jardin. Pour revenir à la vie.

Autant le dire, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce très beau récit de résilience, pudique, délicat. Difficile de ne pas sombrer dans le pathos avec un sujet pareil, mais Mélissa Da Costa évite cet écueil haut la main. L’émotion est bien là, évidemment, mais elle est lumineuse, poignante, porteuse d’un espoir vrai. Les personnages secondaires sont tous attachants, tout comme l’héroïne, qui redécouvre la Joie par la communion avec la nature, s’inventant toutes sortes de rituels païens à la stupéfiante beauté.

Cette reconnexion à la terre, cette prise de conscience de l’impermanence des choses et des êtres, comme de sa nécessité, m’ont particulièrement touchée. Ni caricature ni cliché dans l’écriture de Mélissa Da Costa.

Le cheminement d’Amande, sa quête d’harmonie sont rendus avec une simplicité et une justesse bouleversantes.

… Je préfère garder pour moi mes fantaisies. Qui célèbre le vent, les salades et les choux ?

« Tu savais que c’était l’arbre préféré de mon père ? (…) Il lui trouvait un air mélancolique avec ses longues branches qui tombent. Il lui rappelait les mots de Victor Hugo : La mélancolie c’est le bonheur d’être triste. »

Elle me regarde, radieuse, et je souris.

« Il n’est plus vraiment mélancolique, ton saule, maintenant. Tu lui as mis de la couleur… »

Au ton de sa voix, j’ai l’impression qu’elle considère que c’est une bonne chose.

Les lendemains est un magnifique roman, qui vous fera sans doute verser quelques larmes d’émotion et vous donnera envie, j’en suis sûre, de quitter vos chaussures pour aller, pieds nus, fouler la terre et célébrer le bonheur d’être en vie.

Coup de cœur.

Cette chronique est parue initialement sur le blog « Au plaisir de Lire », vous pouvez la découvrir ICI.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *