Emma Paddington : L’interview imaginaire

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Je sais que vous l’attendiez avec impatience : le premier tome de ma nouvelle saga,

Emma Paddington

paraîtra cet automne !

Parce que nous avons tous besoin de légèreté et de nous évader à travers nos lectures en ce moment, j’avais envie d’écrire une histoire qui soit à la fois prenante et drôle, avec des personnages atypiques et attachants, sans autre prétention que de vous faire passer un très bon moment de lecture !

Ainsi sont nés Emma et ses amis, tous plus déjantés les uns que les autres, pour une aventure pleine de surprises, de rebondissements et d’éclats de rire.

Une copine blogueuse (qui se reconnaîtra sans doute) m’a dit récemment, en me rencontrant « en vrai » pour la première fois :

Mais en fait, tu es drôle ! On ne s’en rend pas compte quand on ne te connaît qu’à travers les réseaux sociaux… Tu devrais mettre ton humour en avant !

Ah bon, tu penses vraiment ?!

Eh bien, disons que j’ai suivi ton conseil, Stéphanie 😉

Si vous avez lu ma novella, l’Extracteur, parue dans « l’étrange Nöel de Sir Thomas » (2019, éditions Okama), cela vous donnera un aperçu de l’ambiance de cette nouvelle série fantastique qui, je l’espère, vous plaira !

Mais, sans plus attendre, je vous propose de faire connaissance avec votre nouvelle héroïne… Plutôt que de me contenter d’une présentation conventionnelle, j’ai choisi de… l’interviewer !

Bonne lecture !


Emma Paddington m’a donné rendez-vous au Diner de Bridgeport, une petite ville de Californie située à un peu moins de 400 km à l’est de San Francisco. Sous le soleil d’automne, le coin est plutôt joli même s’il y fait diablement froid. La rue principale, à cette heure matinale, est vide de passants et aucune voiture ne circule. Les citrouilles et les décorations d’Halloween ornent les trottoirs et les porches des maisons.

J’ai eu le temps de boire trois chocolats bien mousseux et d’avaler deux muffins aux myrtilles – une spécialité de Salimatou, la très sympathique patronne de l’établissement – avant qu’une jeune femme échevelée ne pousse enfin la porte du restaurant, tout essoufflée.

Yeux bleus, cheveux châtains, taille moyenne, quelques rondeurs qui lui vont bien. Je me lève, elle parcourt la salle des yeux puis me repère et se précipite à ma rencontre en trébuchant sur ses talons hauts.

Oh la ! J’ai cru qu’elle allait tomber, mais elle se redresse avec une soudaineté défiant les lois de la gravité. On pourrait presque croire qu’une entité invisible l’a rattrapée au dernier moment.

Elle m’adresse un sourire gêné tandis que je lui tends la main. Une entité invisible, quelle idée farfelue ! On voit bien que je suis écrivain…

Consciente de son retard, elle se confond en excuses :

Au moment où j’allais partir, nous avons eu un problème à la cave avec le dém… euh, je veux dire, la chaudière, explique-t-elle, le regard un peu fuyant.

Je hoche la tête en l’assurant que je venais à peine d’arriver (pourvu que Salimatou ne vende pas la mèche !). C’est amusant, on aurait presque cru qu’elle allait dire « démon » au lieu de « chaudière ».

Mais QUI a un problème de démon dans sa cave, sérieusement ?

Je pousse un petit soupir, affligée de moi-même et de ma trop grande imagination.

Je ferais mieux de commencer cette interview ! Pour soumettre mon invitée à la question, j’ai opté pour un exercice que j’adore : le portrait chinois !

Commençons !

Moi : Si vous étiez une ville ?

Emma : Sans hésiter, San Francisco ! J’adore l’ambiance de la côte ouest, et le parfum de liberté attaché à cette ville ! J’aime tellement mon quartier de Telegraph Hill, et Fisherman’s Wharf, où se trouve la petite savonnerie artisanale qu’a créée Ann, ma meilleure amie ! Je suis une vraie citadine, j’ai besoin d’animation, j’adore la foule, les lumières, le bruit…

Il faudrait être vraiment folle pour décider d’aller s’établir définitivement dans un trou perdu comme ici, à Bridgeport ! Moi, je ne suis là que de passage, vous comprenez, pour régler la question de l’héritage de ma tante Bree. Dès que c’est fait, je m’en vais !

(Elle marque un temps, l’air un peu stressé, tout à coup, puis lève le nez en l’air comme si elle ne s’adressait plus à moi, mais à un interlocuteur flottant quelque part entre la table et le plafond et que je ne pourrais pas voir)

Hors de question de rester à Bridgeport, c’est vu ?! rugit-elle avec une véhémence qui me fait sursauter.

Moi (un peu surprise) : Euh, oui, c’est vu… Et… si vous étiez un métier ?

Emma (radoucie) : Psychologue, bien sûr ! C’est mon vrai métier, même si je n’ai pas eu l’occasion de l’exercer après avoir terminé mes études. Il faut dire qu’Ann m’a tout de suite demandé de travailler avec elle à la boutique.

On ne doit rien refuser à sa meilleure amie ! En plus, mon mariage approchait, puis nous avions prévu de partir en lune de miel avec Will. Il serait toujours temps d’ouvrir mon cabinet de psychologue au retour, voilà ce que je me disais avant que tout commence à déraper…

(Elle se gratte la tête avant de demander, l’air hésitant : )

… Euh, j’ai une question : est-ce que gardienne d’un manoir occupé par vingt-sept créatures et demi et trois Djinns caractériels, ça compte aussi, comme métier ?

(J’ouvre des yeux ronds, elle se reprend aussitôt)

Je plaisante, bien sûr ! dit-elle avec un rire forcé.

(Bon sang, c’est moi, ou cette Emma Paddington est vraiment très bizarre ? Je me gratte la gorge.)

Moi : Bien sûr, bien sûr… Bon, et si vous étiez un animal ?

Alors ça, c’est facile ! Un crocodile à deux têtes !

(PARDON ?! UN QUOI ? Rectification, elle n’est pas juste bizarre, elle est complètement siphonée ! Je regarde autour de moi, cherchant vaguement une caméra cachée. Elle semble se rendre compte de ma confusion, car elle fronce les sourcils et se met à chuchoter avec… mais avec qui ? Il n’y a que nous dans ce Diner !)

Emma (à voix très basse) : Quoi, qu’est-ce qu’il y a, encore ?! Je n’allais quand même pas lui répondre « un dragon télescopique » ! Ça ne rentre même pas dans la catégorie des animaux, d’abord, un dragon télescopique !

Je ne rêve pas. Elle a bien dit « un dragon télescopique » en s’adressant au plafond. Cette fois, ce n’est plus de mon ressort. C’est un psychiatre qu’il lui faut !

En toussotant, je regarde ma montre avec ostentation, puis mime laborieusement la surprise avant de me lever en me prenant les pieds dans la bandoulière de mon sac.

Moi : Oh la la, comme le temps file, c’est incroyable ! Je crois qu’il est temps de vous laisser, ma chère Emma, mon taxi m’attend.

Elle se met debout à son tour, un peu déçue.

Emma : Déjà ? Ah bon… Eh bien, comme vous voulez. Vous pensez qu’en si peu de questions, vos lecteurs se seront fait une idée de ce qui les attend dans le livre ?

Moi (rassemblant fébrilement mes affaires) : Ne vous en faites pas. Ils ont compris, j’en suis totalement persuadée !


Emma Paddington

Roman fantastique

Premier tome à paraître à l’automne 2021


Cette interview imaginaire vous a plu ? Elle vous a fait rire, vous a intrigué ? Elle vous a donné envie de découvrir cette nouvelle héroïne ?

Donnez-moi vite vos impressions en commentaire, j’ai tellement hâte de savoir ce que vous en pensez !

6 Responses

  1. bruno

    Catherine, je suis rassuré ! Catherine je suis comblé ! Autant la chaudière de votre Emma présente de prime abord une problématique épineuse à résoudre par l’intervention quasi miraculeuse d’on ne sait qui exactement ( dém m’a tout de suite fait penser à déménageur et ensuite à démangeaisoneur. (Un démangeaisoneur est un professionnel des démangeaisons de l’imagination) autant la votre de chaudière (je parle ici de la chaudière de votre cerveau, ne tombons pas non plus dans le grivois, le malséant et le déplacé) fonctionne à merveille et à plein régime !
    Et donc longue vie à toutes les chaudières répondant aux normes homologuées par la CEE (confrérie des écrivaines exaltées)
    Ps Catherine ? Je vous ADORE !!!

    • Catherine Rolland

      Ah ah, moi aussi je vous adore, Bruno ! Quel dommage que vous habitiez si loin, je vous aurais tout à fait vu rejoindre la team de mon atelier d’écriture. On est assez démangeaisoneurs aussi 🙂

  2. ROCHAS

    Pourquoi faut il attendre l’automne ??? (larmes)
    Je me voyais déjà buller avec Emma cet été sous mon parasol …
    Bon, j’attendrai l’heure du chocolat chaud devant la cheminée… C’est pas mal, non plus, mais je n’aime pas attendre dixit le lutin grognon qui sommeille en moi
    A bientôt de te lire

    • Catherine Rolland

      Ah ah ah, je ne soupçonnais pas qu’un lutin grognon sommeillait en toi, mais j’adore !
      Emma s’adapte à toutes les saisons, heureusement ! (et à toutes les situations aussi, comme tu le découvriras !)

  3. Sibylle

    Comme toujours un plaisir de vous lire. Quelle imagination en vous, avec cet humour subtil, cette écriture agréable …. dommage qu’il faille attendre la suite….. ! Mais la patience étant la mère des vertus…. c’est grâce à elle que j’attendrai la suite!
    Bel été à vous!

    • Catherine Rolland

      Je me réjouis que la rencontre avec Emma vous ait séduite ! C’est un sacré caractère, vous verrez ! Très bel été aussi ma chère Sibylle et à tout bientôt !

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