Atelier d’écriture : Retour d’expérience

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Je vous l’avais promis : vous auriez un compte-rendu de la séance-découverte de l’atelier d’écriture du 9 juin dernier.

Vous vous en souvenez sans doute : c’était à Payerne, dans les accueillants locaux de la bibliothèque de la DLT et, je peux l’avouer maintenant, je n’en menais pas très large !

La naissance du projet…

Il y a des mois, voire des années, que cette envie d’animer un groupe d’écriture me titillait. L’écriture d’un roman est un acte solitaire par essence, mais il y a de nombreuses autres manières d’écrire et de partager, d’échanger autour d’une même passion.

L’écriture collective est un processus qui m’intéresse de plus en plus : grâce aux Editions Okama, j’ai eu le bonheur de l’expérimenter à plusieurs reprises ces derniers mois, en participant aux trois recueils de la maison. Pour « L’étrange Nöel de Sir Thomas » et « Nuits blanches en Oklahoma » , les nouvelles de chaque auteur étaient, certes, indépendantes les unes des autres, mais les contraintes imposées nous rappelaient que le processus était bien collectif, la thématique commune. Quant à « Léa » , c’était carrément une histoire à quatorze plumes, pas moins, où chaque écrivain engagé dans ce superbe projet caritatif avait écrit un chapitre de l’histoire.

De là à se lancer dans un projet d’atelier d’écriture, il n’y avait qu’un pas !

En mode préparation…

Armée des bons conseils de mes copines écrivaines déjà rompues à l’exercice (Abigail Seran et Cali Keys, notamment, merci à vous les filles !), je me suis lancée dans une préparation un peu fébrile…

Trouver des exercices d’écriture, des thèmes susceptibles d’intéresser tous les participants ; évaluer le temps nécessaire à l’écriture de chaque proposition ; réfléchir à l’organisation, avec la complicité très active de ma chère Angela, directrice de la Bibliothèque DLT de Payerne qui a accepté de nous recevoir dans ses locaux (Un autre très gros merci !)

Et le jour J est arrivé…

Le mercredi 9 juin, un peu avant 18 heures, j’étais prête à accueillir mes premiers participants !

Même si les contraintes sanitaires nuisaient un peu à la convivialité (masque obligatoire malgré la météo caniculaire, interdiction d’apporter nourriture ou boissons pour un petit apéro, avant, pendant ou après…), l’enthousiasme était pourtant présent chez chacun et le courant est immédiatement bien passé.

Nous étions cinq, un nombre idéal pour permettre de vrais échanges et vaincre plus facilement sa timidité, au moment de lire sa production… car c’est aussi cela qui fait le charme et le plaisir des ateliers ! Écrire, bien sûr, puis partager avec les autres membres du groupe.

Et là, je dois dire que j’ai été BLUFFÉE !

Par l’excellent niveau des participants, par leur imagination incroyable, leur aisance à l’écrit, leur capacité à embarquer leur auditoire dans leur univers en quelques phrases, quelques mots…

Moi qui avais un peu peur que les consignes ne leur « parlent » pas, qu’ils s’ennuient ou ne trouvent pas l’inspiration…

J’avais tort de m’en faire !

Ce soir-là, nous avons voyagé tour à tour en Angleterre, en Écosse, à Venise et même dans l’espace ; nous avons dépassé les frontières de nos rêves grâce à une échelle à nuage, nous nous sommes mis dans la peau d’un stylo, d’un livre, d’un chauffeur de bus…

Et surtout, nous nous sommes amusés ! Nous avons ri aux éclats, nous avons été émus, aussi, certaines histoires faisant remonter souvenirs et sensations d’un passé que nous pensions oublié…

Le plaisir était dans l’écriture autant que dans l’écoute. La complicité, la bienveillance et l’émerveillement étaient là…

Autant dire que les deux heures sont passées TRÈS VITE !

Et quand, en fin de séance, j’ai demandé aux participants si la soirée leur avait plu et s’ils souhaitaient poursuivre l’aventure en septembre prochain, j’ai reçu un OUI unanime !

Quelle joie, vraiment ! J’ai tellement hâte d’être en septembre ! Nous allons passer de merveilleux moments, j’en suis certaine !

Petit cadeau bonus…

Beaucoup d’entre vous auraient aimé être là, je le sais. Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé de venir animer des ateliers dans votre coin, que ce soit dans les Monts du Lyonnais, en Provence ou à Neuchâtel…

Pourquoi pas, à l’occasion ? Je réfléchis aussi à la possibilité de créer des ateliers d’écriture en ligne… Si ce projet vous intéresse, signalez-le moi dans les commentaires de cet article (ou envoyez-moi un mail à contact@catherine-rolland,com), ce sera un bon indicateur pour me décider.

Et, avant de vous quitter, je vous propose un petit jeu littéraire, à vous qui n’étiez pas présent ce soir-là mais avez peut-être envie de vous essayer à l’exercice de l’écriture sous contrainte…

… Car, aussi étrange que cela paraisse, la contrainte libère bel et bien !

Voici les deux photos que j’ai choisies parmi beaucoup d’autres, avec pour consigne de rédiger, en 25 minutes, une fiction s’en inspirant.

Que vous souffle votre muse ? Sentez-vous déjà le besoin de prendre la plume en contemplant ces deux images sans grand rapport apparent entre elles ?

Pourquoi ne pas vous lancer ? Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à poster vos textes en commentaire de cet article, je serais ravie de vous lire !

Et pour montrer l’exemple, voici la petite histoire non retouchée que j’ai écrite pendant l’atelier :

Qui, de Pierre-Edouard ou de Georges, lança l’idée le premier ?

Je ne m’en souviens pas.

Nous nous étions retrouvés comme les premiers mardis de chaque mois au bord de l’étang des lions. Evidemment, les lions n’y étaient pas, c’est écrit « Girafe », pas « idiote ». Tous les premiers mardis du mois, les lions se rendaient à la partie de poker mensuelle de M. et Mme Tigre.

Autant dire que, ce jour là, pour tous les herbivores du secteur, c’était la fête !

Les antilopes, les gazelles, les zèbres, les éléphants et nous, les girafes, nous avions rendez-vous à l’heure où le soleil se couche… et là, on s’en donnait à cœur joie ! Vas-y que je bois jusqu’à me faire éclater la panse ; vas-y que je t’éclabousse ; vas-y que je prends un si long bain que la peau en finit toute fripée et que les poils du museau commencent à friser ; pour un soir, c’étaient enfin nous, les doux, les pacifiques, les bouffeurs de feuilles, qui étions les rois de la savane.

Si seulement le mois n’avait pu compter que des premiers mardis ! Si seulement Mme Tigre avait organisé chaque soir des parties de poker ! Nous n’aurions non seulement plus jamais manqué d’eau mais, par-dessus le marché, nous aurions été débarrassés de ces fichus lions !

Georges – ou était-ce Pierre-Edouard ? – qui flottait béatement les pattes en l’air et son ventre proéminent comme offert à la nuée, prit alors la parole, traduisant le sentiment général :

— Vivre les pattes dans l’eau, dans un pays où on n’a jamais vu ni lions ni tigres, voilà ma définition du bonheur ! soupira-t-il avec une petite mimique d’extase.

— Un pays où on n’a jamais vu ni lions ni tigre ? Ça n’existe pas ! contra Fanette en haussant les épaules.

C’est alors que Zéphyr, le gorille, cessa de boire et releva la tête pour tous nous dévisager gravement.

— Je connais un tel endroit, dit-il de son étonnante voix flûtée. Cela s’appelle : Venise.

Les girafes vont-elles s’expatrier à Venise ?

C’est ce qui est embêtant, avec l’écriture… On se fait prendre à son propre piège et on a envie de raconter la suite !

Et vous ? Prêt à vous lancer ?


4 Responses

  1. Sibylle

    Merci Catherine pour ce retour ! Oui c’était vraiment une première rencontre émouvante, respectueuse, paisible. …. deux heures d’oubli de tout ce qui se passait en dehors du « cocon » que le groupe a créé par sa dynamique….
    une approche magique de l’écriture offrant l’occasion de se laisser aller à son imagination, ses pensées, son vécu du moment, sans réelle contrainte (à part le temps bien sûr !), …. quelle belle découverte.
    Vivement septembre!

    • Catherine Rolland

      Oui, Sibylle, vous avez parfaitement résumé le sentiment de chacun, je crois. Un moment hors du temps et qu’il me tarde de revivre dès septembre prochain !

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